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Dispositif de prévention RGA de l’État : bonne intention, mais est-ce vraiment suffisant ?

Cet article s’appuie sur l’interview de Stéphane Everlé publiée dans La Montagne le 28 septembre 2025, dans laquelle il analyse le nouveau dispositif expérimental de prévention mis en place par l’État face au phénomène du retrait-gonflement des argiles.

Stéphane Everlé – Expert en bâtiment indépendant, certifié OFIB. Expert de l’Association CATNAT63 depuis 2017. Plus de 400 dossiers traités pour des particuliers dans le Puy-de-Dôme. Je ne travaille jamais pour les assureurs ni pour les entreprises du bâtiment.

L’État lance un dispositif de prévention RGA : de quoi s’agit-il ?

Le 6 septembre 2025, l’État a publié un arrêté visant à prévenir le phénomène de retrait-gonflement des argiles, qui pourrait engendrer des fissures sur près de 11 millions de maisons en France, selon le ministère de la Transition écologique.

Ce dispositif expérimental concerne onze départements particulièrement touchés, dont le Puy-de-Dôme et l’Allier. Il a pour objectif de permettre aux propriétaires de maisons situées dans les zones les plus exposées de bénéficier, sous condition de ressources, d’une subvention pour financer des prestations de diagnostic et des travaux préventifs.

La Montagne m’a demandé, en tant qu’expert indépendant spécialisé dans le phénomène du RGA installé dans le Puy-de-Dôme, d’analyser la pertinence de cette expérimentation. Mon verdict est nuancé, et les propriétaires du 63 doivent comprendre exactement ce que ce dispositif couvre et surtout ce qu’il ne couvre pas.

Ce que le dispositif propose concrètement

Le dispositif repose sur deux volets : une aide au diagnostic préventif, et une aide aux travaux préventifs.

Pour le diagnostic : une subvention plafonnée à 2 000 euros. Une étude de sol G5 complète coûte entre 4 500 et 6 000 euros dans le Puy-de-Dôme. La couverture est donc partielle au mieux.

Pour les travaux préventifs : une aide pouvant aller jusqu’à 15 000 euros. C’est mieux que rien, mais les travaux éligibles sont limités, comme je l’explique plus bas.

Ce qui me pose problème : une analyse critique

Premier point : le texte ne mentionne pas les fissures

C’est surprenant. L’arrêté évoque la « prévention des désordres liés au retrait-gonflement des argiles », mais à aucun moment il ne mentionne les fissures. Or ce sont bien les fissures qui constituent le problème central, la conséquence directe et déterminante du RGA sur les bâtiments. Ce flou dans la définition du problème est préoccupant.

Deuxième point : le diagnostic G0 ne suffit pas

Le diagnostic prévu dans le cadre de ce dispositif n’intègre pas d’analyse du sol. Pour situer une construction en zone RGA, le texte invite à se référer à la carte du BRGM disponible sur georisques.gouv.fr.

Or cette carte présente des limites importantes : elle ne fournit aucune information sur les caractéristiques précises des argiles, leur portance, ni la profondeur des couches concernées. Autrement dit, elle permet de savoir qu’un terrain est en zone d’aléa, mais pas d’en connaître la nature réelle des fondations existantes.

Une vraie étude de sol G5 coûte au minimum 4 500 euros. L’aide proposée est plafonnée à 2 000 euros. Il n’y aura donc pas d’analyse précise sur les caractéristiques réelles du sol, des fondations, et leur qualité. Qui connaît la profondeur et la largeur de ses fondations ? Ont-elles été coulées en continu ou ponctuellement ? Le prestataire devra interroger le propriétaire sur la qualité de ces données… que la plupart ne connaissent pas.

Et si le propriétaire a acheté la maison il y a vingt ou trente ans avec d’autres propriétaires entre-temps, il n’en saura probablement rien.

Troisième point : les travaux éligibles n’agissent pas sur la vraie cause

C’est le point le plus important. Le dispositif finance des travaux agissant sur les « facteurs aggravants » du RGA : inspection des réseaux, suppression de végétation, écran anti-racinaire, géomembrane.

Mais ces éléments sont des facteurs aggravants, pas des facteurs déterminants. La jurisprudence a défini depuis plusieurs années les facteurs déterminants du RGA comme étant la sensibilité hydrique du sol et l’adaptation de l’ouvrage à ce sol. Ce que le dispositif finance ne s’intéresse qu’aux causes secondaires.

La géomembrane, par exemple, peut être utile quand l’humidité de surface est réellement en cause. Mais face à un déficit hydrique profond lié à des années de sécheresse, une « évapotranspiration de saison » qui sèche le sol en profondeur, elle ne fera rien. Les géomembranes périphériques coûtent au minimum 30 000 euros. Un écran anti-racinaire coûte au minimum 5 000 euros par arbre. L’aide de 15 000 euros ne couvre donc qu’une partie de ces travaux, qui sont eux-mêmes des solutions partielles.

La seule mesure vraiment efficace face à un déficit hydrique structurel lié à la sécheresse, c’est une reprise des fondations. Et elle n’est pas dans la liste des travaux éligibles.

Quatrième point : le risque vis-à-vis des assurances

C’est une conséquence que beaucoup de propriétaires n’anticipent pas. Si une maison est jugée « à risque » suite à ce diagnostic, et que le propriétaire le demande, les assureurs y auront accès. Si une maison est classée à risque, on peut imaginer que les primes soient augmentées, voire que l’assurance soit refusée. En cas de catastrophe naturelle, on pourrait reprocher au propriétaire de ne pas avoir fait réaliser ce diagnostic ou de ne pas avoir fait les travaux préventifs éligibles.

Ce dispositif ressemble davantage à un « contrôle technique » des maisons qu’à une véritable aide aux propriétaires sinistrés ou exposés. Comme pour les voitures, cela peut conduire à sanctionner ceux qui n’ont pas les moyens de faire les travaux, plutôt qu’à les aider réellement.

Ce que ce dispositif ne remplace pas

Soyons clairs : ce dispositif expérimental ne remplace pas les démarches essentielles que tout propriétaire concerné doit engager.

Il ne remplace pas la déclaration de sinistre après un arrêté de catastrophe naturelle. Si votre commune est reconnue en état de catastrophe naturelle sécheresse, vous avez 30 jours pour déclarer et c’est votre assurance MRH qui doit prendre en charge les réparations, y compris l’étude G5.

Il ne remplace pas l’assistance d’un expert d’assuré lors de la réunion d’expertise. Les 20 % de sinistrés qui obtiennent une indemnisation sans assistance resteront 20 % avec ou sans ce dispositif.

Il ne remplace pas une vraie étude G5 avec préconisations géotechniques complètes et rapport de bureau d’études structure. C’est cette combinaison qui garantit des réparations pérennes.

Il ne finance pas les reprises de fondations, qui restent la seule solution vraiment durable face à un sol argileux déshydraté en profondeur.

Ce que les propriétaires du Puy-de-Dôme doivent retenir

  • L’initiative de l’État est positive dans son intention : reconnaître le problème et y consacrer des moyens publics est un signal important.
  • Mais le dispositif agit principalement sur les facteurs aggravants du RGA, pas sur ses causes déterminantes.
  • L’aide de 2 000 euros pour le diagnostic ne couvre pas une vraie étude G5 dont le coût dans le 63 est entre 4 500 et 6 000 euros.
  • L’aide de 15 000 euros pour les travaux ne couvre pas une reprise de fondations, seule solution vraiment pérenne face à un sinistre sécheresse avéré.
  • Ce diagnostic pourrait avoir des conséquences sur votre couverture assurantielle : renseignez-vous avant de le faire réaliser.
  • Si votre maison est déjà fissurée et que votre commune a fait l’objet d’un arrêté CAT NAT, c’est la procédure sinistre qu’il faut déclencher, pas ce dispositif préventif.

Vous avez des fissures, votre commune est en zone RGA, vous voulez comprendre quelle démarche est la bonne pour votre situation ?
Stéphane Everlé – Expert en bâtiment indépendant certifié OFIB – Puy-de-Dôme (63)
04 73 77 88 58 / 06 60 50 84 00 / expert@aexpertbat.fr

Maisons fissurées dans le 63 : deux ans après, où en sont les sinistrés ?

Cet article s’appuie sur le dossier publié dans La Montagne le 9 décembre 2024, dans lequel Stéphane Everlé, expert en bâtiment indépendant certifié OFIB, a été interviewé en tant qu’expert de référence sur les sinistres sécheresse dans le Puy-de-Dôme.

Stéphane Everlé – Expert en bâtiment indépendant, certifié OFIB. Expert de l’Association CATNAT63 depuis 2017. Plus de 400 dossiers traités pour des particuliers dans le Puy-de-Dôme. Je ne travaille jamais pour les assureurs ni pour les entreprises du bâtiment.


Le Puy-de-Dôme est toujours particulièrement touché

Le 9 décembre 2024, La Montagne est retournée voir les propriétaires qu’elle avait rencontrés lors de l’été 2022. Le titre de l’enquête résumait tout : « Maisons fissurées : où en sont-ils aujourd’hui ? » La réponse, pour beaucoup, est douloureuse.

J’ai été interviewé dans ce dossier, deux ans après le premier article. Mon constat n’a pas changé, mais il s’est affiné. Les problèmes structurels que je décrivais en 2022 sont toujours là. Et les lois censées y remédier ne sont toujours pas suffisantes.

Ce que sont devenus les sinistrés de 2022

Chantal Vieilly : toujours dans l’attente, contrainte d’aller en justice

En 2022, Chantal et Jean-Jacques Vieilly, habitants de Chas, attendaient depuis de nombreux mois les résultats des expertises de leur assureur. Deux ans plus tard, leur situation s’est encore dégradée.

Quand l’expertise de l’assureur a finalement rendu ses conclusions, le résultat a été accablant : selon l’expert mandaté par l’assurance, la cause des fissures n’était pas liée à la sécheresse, mais à de prétendus défauts de construction, qui n’ont même pas été démontrés. L’assurance a donc refusé toute prise en charge.

Le couple a alors fait appel à un expert d’assuré indépendant. Sa conclusion était sans ambiguïté : leur habitation est bien touchée par le phénomène de retrait-gonflement des argiles lié à la sécheresse, d’autant qu’en 2018, année de la déclaration de sinistre, leur commune faisait l’objet d’un arrêté ministériel de catastrophe naturelle.

Résultat : contraint et forcé, le couple Vieilly doit aujourd’hui assigner son assureur en justice. Une procédure estimée à 50 000 euros de frais de justice, pour une durée minimum de trois ans.

« Nous avons signé un contrat avec notre assureur, il se doit de le respecter. Et cette maison, c’est l’investissement d’une vie. C’est l’héritage de nos enfants. Nous ne pouvons pas la laisser comme ça. »

Cela fait six ans que les fissures sont apparues. La maison penche désormais d’un côté. Et psychologiquement, l’épreuve est lourde. « Notre vie est bloquée dans l’attente que les travaux soient enfin réalisés. »

Annie Jeanguiot : en partie soulagée, mais le parcours continue

À Cournon-d’Auvergne, Annie Jeanguiot avait en 2022 un assureur qui refusait de débloquer les fonds malgré une prise en charge acceptée. Deux ans plus tard, les choses se sont partiellement décantées.

Une entreprise est finalement venue reprendre les fondations. Plusieurs mois se sont écoulés pour s’assurer de la stabilité de la maison. Les fissures ont été reprises et le crépi refait. Un soulagement partiel, car d’autres difficultés sont apparues : des problèmes de finitions intérieures et un sous-sol qui fuit.

Et Annie Jeanguiot découvre maintenant qu’elle aurait pu refuser l’entreprise désignée par son assureur et choisir la sienne. « À l’époque, je ne savais pas que j’avais le droit de refuser et de prendre celle de mon choix. »

C’est précisément ce genre d’information que les propriétaires ignorent et qui leur coûte cher.

Ce que je dis dans La Montagne : les fondations, le vrai sujet

Dans l’interview publiée dans le dossier, j’abordais un point que je martèle depuis des années : les fondations sont la vraie bataille, et les lois actuelles ne sont pas à la hauteur du problème dans le Puy-de-Dôme.

La loi ELAN ne suffit pas pour notre région

La loi ELAN, entrée en vigueur le 1er octobre 2020, a introduit des mesures pour la construction de maisons neuves en zone à risque de RGA. Elle impose une étude de sol de type G1 avant la vente d’un terrain, et donne le choix au maître d’ouvrage entre réaliser une étude G2 ou respecter des profondeurs de fondations forfaitaires (entre 0,80 m et 1,20 m selon la zone d’exposition).

Le problème ? Ces profondeurs forfaitaires ne correspondent pas à la réalité du terrain dans le Puy-de-Dôme. Selon l’Agence Quali Consult (AQC), la déshydratation peut varier de 1,50 m en sécheresse courte à plus de 4 mètres en sécheresse prolongée. On l’a vu clairement ces dernières années. Résultat : des maisons construites avec un sous-sol complet, censé être une protection, ont quand même été sinistrées.

Ce n’est donc pas suffisant. L’obligation de réaliser une étude géotechnique de type G2 AVP (avant-projet) et G2 PRO (projet) avant toute construction devrait être un impératif, et non une option.

Pourquoi la G2 est indispensable dans le 63

Une étude G2 permet de réaliser des investigations complètes pour fournir des recommandations détaillées sur la conception des fondations en fonction des qualités du terrain. Et dans le Puy-de-Dôme, cette question est encore plus cruciale qu’ailleurs : les trois quarts du département sont en zone de sismicité de risque 3 sur une échelle de 4 en métropole. Ce qui n’est pas sans incidence sur le ferraillage des fondations et la structure du bâtiment.

Dans d’autres pays d’Europe, là où les normes de construction sont plus exigeantes, vous n’avez pas l’autorisation de construire si vous n’avez pas établi une étude de sol approfondie. En France, pour l’instant, c’est encore possible de s’en passer. Ce n’est pas normal.

Des fondations spéciales coûtent entre 10 000 et 30 000 euros de plus selon les projets. C’est un investissement qui peut éviter 200 000 à 300 000 euros de travaux de réparation vingt ans plus tard. Il vaut mieux prévenir que guérir.

Ce que dit l’avocat : près de 200 dossiers en trois ans

Le dossier de La Montagne donnait également la parole à Maître Charles Fribourg, du Cabinet Pôle Avocats à Clermont-Ferrand, spécialisé en droit de la construction et en droit des victimes. Il défend exclusivement les intérêts des assurés contre leur compagnie d’assurance. Son témoignage est édifiant.

En trois ans, son cabinet a ouvert près de 200 dossiers relatifs aux seuls sinistres de la sécheresse. Trois situations reviennent systématiquement : le refus de l’assurance de prendre en charge le sinistre, une indemnisation insuffisante qui ne permet pas une réparation pérenne, ou l’absence de règlement alors qu’un accord avait déjà été trouvé.

Son analyse du comportement des sinistrés est brutalement honnête : la plupart n’ont aucune connaissance en matière de construction. Ils font confiance aux explications techniques de l’expert désigné par l’assureur. Il suffit que cet expert conclut que la sécheresse n’a pas de rôle causal pour que l’assuré baisse les bras et ne conteste pas le refus de garantie. C’est aussi simple et aussi injuste que ça.

Et quand l’assureur reconnaît la sécheresse comme cause déterminante mais propose des réparations inadaptées, Maître Fribourg a un nom pour ce type de pratique : la cosmétologie. Des solutions qui traitent l’apparence du problème, pas sa cause. Résultat : un deuxième sinistre quelques années plus tard, encore plus difficile à faire prendre en charge.

Sa conclusion rejoint la mienne : quand les erreurs techniques et juridiques de l’assureur et de son expert sont démontrées, les assurés obtiennent systématiquement gain de cause, y compris devant les tribunaux.

Une proposition de loi en cours : ce qui pourrait changer

Le dossier mentionnait également une proposition de loi adoptée à l’unanimité par le Sénat, en attente d’examen par l’Assemblée nationale. Elle vise à améliorer l’assurance en matière de catastrophes naturelles et à favoriser la prévention.

Parmi les mesures principales, un article prévoit de rendre obligatoire une véritable étude géotechnique de type G2 avant la vente d’un terrain constructible, et non plus seulement une G1 sommaire. La construction d’un nouvel ouvrage devra également s’appuyer systématiquement sur une étude G2. Et surtout : le constructeur devra se conformer aux recommandations de l’étude géotechnique, alors qu’aujourd’hui il est encore possible de se contenter de profondeurs de fondations forfaitaires.

C’est exactement ce que je réclame depuis des années. Reste à savoir si cette proposition sera adoptée, et dans quel délai elle s’appliquera réellement sur le terrain.

Ce qu’il faut retenir de ce dossier

  • Les sinistrés de 2022 sont toujours dans l’épreuve en 2024. Le « parcours du combattant » n’est pas une métaphore.
  • Les profondeurs de fondations imposées par la loi ELAN (0,80 m à 1,20 m) sont insuffisantes dans le Puy-de-Dôme, où la déshydratation peut dépasser 4 mètres en sécheresse prolongée.
  • Une étude G2 complète avant construction devrait être obligatoire, pas optionnelle, dans un département classé en zone sismique 3 avec des sols argileux de la Limagne.
  • Près de 200 dossiers judiciaires ont été ouverts en trois ans par un seul cabinet clermontois spécialisé : la contestation fonctionne quand elle est bien préparée.
  • Une proposition de loi en cours pourrait imposer de nouvelles règles de construction. Mais rien n’est encore acté.
  • Vous avez le droit de choisir votre propre expert d’assuré et de refuser l’entreprise désignée par votre assureur. Ce sont des droits que beaucoup de propriétaires ignorent.

Votre maison est fissurée ? Votre assureur refuse de prendre en charge ou propose des réparations insuffisantes ?
Stéphane Everlé – Expert en bâtiment indépendant certifié OFIB – Puy-de-Dôme (63)
04 73 77 88 58 / 06 60 50 84 00 / expert@aexpertbat.fr

Source : Dossier « Maisons fissurées : où en sont-ils aujourd’hui ? », La Montagne, Clermont-Métropole, lundi 9 décembre 2024, pages 2 et 3. Enquête de Stéphanie Merzet. Photos : Thierry Nicolas, Franck Boileau, Fred Marquet.

Maisons fissurées dans le Puy-de-Dôme : pourquoi seuls 20 % des sinistrés sont indemnisés

Cet article s’appuie sur l’enquête publiée dans La Montagne le 5 septembre 2022, pour laquelle Stéphane Everlé, expert en bâtiment indépendant certifié OFIB, a été interviewé en tant qu’expert de référence sur les sinistres sécheresse dans le Puy-de-Dôme.

Stéphane Everlé – Expert en bâtiment indépendant, certifié OFIB. Expert de l’Association CATNAT63 depuis 2017. Plus de 400 dossiers traités pour des particuliers dans le Puy-de-Dôme. Je ne travaille jamais pour les assureurs ni pour les entreprises du bâtiment.


« Leurs maisons se fissurent » : le Puy-de-Dôme en première ligne

Le 5 septembre 2022, La Montagne consacrait quatre pages à un fléau qui touche des milliers d’Auvergnats : les maisons fissurées par la sécheresse. « Sur les sols argileux, les épisodes de sécheresse fragilisent les habitations dont les murs se fissurent. Dans le département, ce fléau n’est pas nouveau et semble s’accélérer. Plus d’un millier d’habitations est touché. »

J’ai été interviewé dans ce dossier en tant qu’expert de référence sur les sinistres sécheresse dans le Puy-de-Dôme. Deux ans plus tard, la situation que je décrivais alors s’est encore aggravée. Les chiffres que je partageais dans cet article sont plus parlants que jamais.

Les chiffres qui font froid dans le dos

Avant d’entrer dans le détail, voici les données publiées dans ce dossier. Elles illustrent l’ampleur d’un phénomène que beaucoup de propriétaires découvrent trop tard.

10,4 millions de maisons sont en risque en France. L’exposition forte ou moyenne au retrait-gonflement des argiles concerne 48 % des sols métropolitains.

4 millions de maisons individuelles sont actuellement concernées par ce phénomène en France.

12,3 milliards d’euros ont été dépensés entre 1989 et 2018 pour indemniser les propriétaires de maisons fissurées. Les dommages causés en 2019 sont estimés entre 600 et 870 millions d’euros.

20 % seulement des arrêtés de catastrophe naturelle liés au retrait-gonflement des argiles donnent lieu à une indemnisation effective.

C’est ce dernier chiffre qui me préoccupe le plus. Quatre sinistrés sur cinq ne sont pas indemnisés. Pas parce qu’ils n’ont pas de dossier. Pas parce que la sécheresse n’est pas reconnue. Mais parce qu’ils font face seuls à un système conçu pour les décourager.

Pourquoi le Puy-de-Dôme est particulièrement touché

Dans cet article, j’expliquais pourquoi l’Auvergne, et le Puy-de-Dôme en particulier, est l’une des zones les plus exposées de France. La réponse tient à la géologie du territoire.

La plaine de la Limagne repose sur des sols argileux extrêmement réactifs aux variations d’humidité. Lorsque la sécheresse assèche le sol en profondeur, ces argiles se contractent et provoquent des tassements différentiels sous les fondations. Les fissures qui en résultent ne sont pas des défauts de construction : elles sont le symptôme d’un phénomène climatique que les assurances ont l’obligation de prendre en charge.

Les zones les plus touchées que je citais dans l’article sont Cournon-d’Auvergne, Le Cendre, Pérignat-lès-Sarliève et Pont-du-Château. Ces communes cumulent des sols particulièrement argileux, une forte densité de construction pavillonnaire des années 1970-1990, et plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle successifs depuis 2017.

Depuis 2017, 324 arrêtés de catastrophe naturelle ont été attribués pour cause de sécheresse dans le département, dont 260 entre 2019 et 2020 rien que dans le Puy-de-Dôme.

Ce que j’avais dit dans La Montagne : deux ans après, c’est toujours vrai

Dans l’interview publiée en page 4 du dossier, je répondais à plusieurs questions clés. Je les reprends ici car elles restent d’une actualité totale.

Sur l’intérêt d’un expert d’assuré

La politique des assurances s’est vraiment durcie. Un expert d’assurance défend les intérêts de l’assurance. Un expert d’assuré défend ceux du sinistré. Si votre maison a des fissures au bout de vingt ans, ce n’est certainement pas un défaut de construction. Si cela avait été le cas, elles seraient apparues dès les premières années.

La végétation peut être invoquée comme cause aggravante, mais elle n’est pas « directe et déterminante ». La sécheresse, en revanche, est dans l’immense majorité des cas la cause directe et déterminante des fissures d’une maison en terrain argileux. Les assurances se doivent donc de prendre en charge les sinistrés.

Sur l’étude de sol : exiger une G5, pas une G0

C’est le point sur lequel je m’attardais le plus dans l’article. Dans le cadre de l’expertise, une étude de sol géotechnique doit être réalisée. Selon l’article L125.4 du Code des Assurances, c’est à l’assureur d’en assumer le remboursement.

Il est absolument indispensable d’exiger une étude G5. Pourquoi ? Parce que les assureurs se contentent souvent d’une G0, évidemment beaucoup moins chère. Or la G0, contrairement à la G5, ne contient pas les préconisations du géotechnicien. Sans préconisations, pas de réparations adaptées. Sans réparations adaptées, un deuxième sinistre.

Sur les techniques de réparation dans le 63

Je signalais dans l’article que les micropieux sont les plus fiables sur les terrains du Puy-de-Dôme. La technique consiste à réaliser un forage de 15 à 20 cm de diamètre descendu à la profondeur définie par l’étude géotechnique, puis à insérer un tube de métal et le sceller avec un coulis de béton.

La reprise par sur-profondeurs fonctionne moins bien dans notre région car le sol est très argileux et la déshydratation peut dépasser les 3 mètres de profondeur. La résine et la géomembrane sont également utilisées, mais sans garantie dans le temps.

« Tenant compte de la difficulté technique de ce type de dossier, un particulier ne peut pas s’en sortir seul. »

Stéphane Everlé, La Montagne, 5 septembre 2022

Le parcours du combattant : ce que vivent les propriétaires

Le reportage de La Montagne donnait aussi la parole aux sinistrés eux-mêmes. Leurs témoignages illustraient parfaitement ce que je vois dans mes dossiers au quotidien.

Annie Jeanguiot, propriétaire à Cournon-d’Auvergne, résumait ainsi sa situation : « Je n’arrivais plus à joindre mon assurance. J’appelais, j’envoyais des mails et des recommandés mais rien, aucun retour. Pendant ce temps-là, rien ne s’arrangeait. »

Chantal Vieilly, à Chas, se battait depuis quatre ans pour réparer les fissures de sa maison.

Marie-Thérèse Bichon, présidente de l’association Cournon Le Cendre Défense sécheresse CATNAT, résumait la situation brutalement : « Tout est fait pour décourager les assurés en jouant la montre. Il arrive aussi que les experts d’assurance incriminent une cheminée trop lourde ou un arbre trop près de la maison qui assèche le terrain. »

Ces situations ne sont pas des exceptions. Elles sont le quotidien de la grande majorité des propriétaires sinistrés qui n’ont pas été assistés dès le départ.

Le changement climatique va amplifier le phénomène

Le dossier de La Montagne rappelait les projections des Nations Unies : le nombre et la durée des épisodes de sécheresse ont augmenté de 29 % en vingt ans. Les assureurs eux-mêmes estimaient que le coût des dégâts liés à la sécheresse pourrait tripler dans les prochaines années.

L’été 2022 était alors cité comme l’un des plus secs jamais enregistrés en France, avec un mois de juillet particulièrement exceptionnel. Depuis, les étés 2023 et 2024 ont confirmé cette tendance. Ce phénomène ne va pas diminuer. Il va s’intensifier.

C’est pourquoi il est de plus en plus important de connaître ses droits, d’agir rapidement après un arrêté de catastrophe naturelle, et de ne pas se présenter seul face à l’expert d’assurance.

Ce qu’il faut retenir

Votre maison se fissure ? Vous venez de recevoir un arrêté CAT NAT pour votre commune ?
Stéphane Everlé – Expert en bâtiment indépendant certifié OFIB – Puy-de-Dôme (63)
04 73 77 88 58 / 06 60 50 84 00 / expert@aexpertbat.fr

  • Le retrait-gonflement des argiles touche 4 millions de maisons en France et plus d’un millier dans le seul Puy-de-Dôme
  • Seuls 20 % des sinistrés obtiennent une indemnisation effective sans assistance
  • L’assureur est légalement tenu de financer une étude de sol G5 (article L125.4 du Code des Assurances)
  • Les micropieux sont la technique la plus fiable dans les sols argileux du Puy-de-Dôme
  • Le changement climatique va amplifier et accélérer ce phénomène dans les années à venir
  • Un particulier ne peut pas s’en sortir seul face à ce type de dossier

Source : Dossier « Leurs maisons se fissurent », La Montagne, Clermont-Métropole, lundi 5 septembre 2022, pages 2, 3 et 4. Enquête de Stéphanie Merzet. Photos : Franck Boileau et Rémi Dugne.

Questions fréquentes

Pourquoi seuls 20 % des sinistrés sont indemnisés ?

Parce que la procédure est longue, complexe, et que les assureurs ont toute latitude pour invoquer des causes alternatives (végétation, réseau fuyant, dilatation des matériaux) pour limiter ou refuser la prise en charge. Sans expert d’assuré pour contester ces arguments techniquement, la plupart des propriétaires acceptent la décision de leur assureur faute de savoir comment la contester.

Depuis 2022, la situation s’est-elle améliorée pour les sinistrés ?

Pas fondamentalement. La loi du 28 décembre 2021, applicable depuis fin 2022, apporte quelques améliorations (suppression des modulations de franchise, délai de prescription porté à 5 ans, obligation pour les assureurs d’informer sur le droit à un expert). Mais elle introduit aussi de nouvelles contraintes, notamment la nécessité de prouver que les dommages rendent le bien impropre à l’habitation pour obtenir indemnisation dans certains cas.

Cournon-d’Auvergne, Le Cendre, Pérignat sont-elles toujours les communes les plus touchées ?

Oui, et le phénomène s’est étendu à d’autres communes de la métropole clermontoise. La géologie de la Limagne ne change pas. Ce qui change, c’est l’intensité et la fréquence des épisodes de sécheresse qui activent le retrait-gonflement des argiles.

Fissures maison dans le Puy-de-Dôme : quoi faire ?

Des fissures viennent d’apparaître sur votre maison dans le Puy-de-Dôme. La première réaction est souvent l’inquiétude. La deuxième est de connaître la gravité. Puis, que faire ? Qui appeler ? Est-ce couvert par l’assurance ? Cet article répond à toutes ces questions dans l’ordre où elles se posent.

Étape 1 : évaluer la gravité

Fissures sans urgence immédiate

  • Micro fissures (moins de 1 mm) en surface d’enduit ou de peinture
  • Fissures stables depuis plusieurs mois, sans évolution
  • Fissures isolées aux angles des coffres des volets roulants
  • Fissures généralisées sur enduit ancien

Fissures à surveiller activement

  • Fissures de 2 à 5 mm
  • Fissures en escalier
  • Fissures diagonales aux angles des ouvertures
  • Fissures qui évoluent progressivement
  • Plusieurs fissures apparues simultanément après un été sec

Fissures nécessitant une intervention rapide

  • Fissures de plus de 5 mm avec désaffleurement visible
  • Fissures traversantes (visibles des deux côtés du mur)
  • Déformations visibles de la structure (mur qui bombe, plancher qui s’affaisse)
  • Fissures sur éléments porteurs accompagnées de bruits de craquement

Étape 2 : identifier la cause

Dans le Puy-de-Dôme, les trois causes les plus fréquentes sont :
– le retrait-gonflement des argiles lié à la sécheresse,
– un défaut constructif ou
– une combinaison des deux
– un quatrième cas peut être une fuite de réseau enterré. Mais il faut savoir que ce n’est qu’une cause aggravante et non déterminante, révélatrice d’un sol sensible au RGA (Retrait Gonflement Argileux).

Étape 3 : que faire, qui appeler, comment choisir la bonne démarche ?

Plusieurs démarches peuvent être entreprises :

Pour les maisons de moins de 10 ans

– Recours contre le concepteur
– Recours contre le constructeur, l’entreprise
– Recours contre le / les assureurs : garantie de parfait achèvement, décennale, dommage ouvrage

Dans tous les cas vous avez le droit d’être assisté par votre propre expert. En effet, seul face a des professionnels de la Construction ou de l’assurance vous n’êtes pas en position de force mais de faiblesse.

Pour les maisons de plus de 10 ans

Dans le cas d’un arrêté de Catastrophe Naturelle ( Cat Nat ) couvrant la période pendant laquelle les désordres / les fissures sont apparus, vous pouvez faire appel à votre assureur MRH (Multi Risques Habitation).

ATTENTION ! Dès la déclaration il est préférable d’être assisté par une expert indépendant spécialisé en « sécheresse ». En effet, comme au cinéma : « Tout ce que vous pourrez déclarer sera retenu contre vous. » Et, ce sera ainsi tout au long du dossier…

Mais surtout, vu les enjeux financiers, vous vous lancez dans une bataille avec l’assureur.

Si vous n’êtes pas assisté par un expert indépendant, vous n’avez pas toutes vos chances d’être indemnisé car 80% des dossiers sont refusés… sauf avec un expert d’assuré.
Si vous n’êtes pas assisté par un expert indépendant comment saurez-vous si les réparations proposées sont pérennes ?

En l’absence d’arrêté de Cat Nat, les fissures / les désordres peuvent avoir deux causes :
* Ils peuvent être d’ordre structurel
* Ils peuvent être liés à un déficit hydrique, une fuite ou toutes autres raisons.
Seul un expert spécialisé saura vous dire ce qu’il en est.

Fissures sur votre maison dans le 63 ? Je viens expertiser, vous donner un avis et vous orienter.

Stéphane EVERLÉ – 04 73 77 88 58 / 06 60 50 84 00 / expert@aexpertbat.fr

Questions fréquentes

Les fissures de ma maison peuvent-elles dévaluer mon bien lors d’une vente ?

Oui, significativement.

Mon assurance habitation me couvre-t-elle même sans arrêté CAT NAT ?

Non. Mais votre garantie peut couvrir d’autres causes de fissures comme un dégât des eaux ou autre. Vérifiez les conditions générales de votre contrat.

Sécheresse : Recours contre l’assureur

Les rapports avec les compagnies d’assurance MRH (Multi Risques Habitation) ce sont compliqués et durcis depuis une bonne décennie dès que les dossiers ont trait aux catastrophes naturelles car ces dossiers sont classés « à fort enjeu », autrement dit qu’ils coutent cher.

Le refus de l’assureur ou les réparations à l’économie

Les motifs de refus sont aussi nombreux que variés : il faut savoir qu’en France, aux dires des associations, 83% des dossiers sont refusés… ce qui en dit long.
Pour les 17% de dossiers acceptés, les chiffres ne disent pas si c’est grâce à la présence d’un expert d’assuré ou si c’est grâce à un recours judiciaire.
Ce qu’il faut en retenir, c’est qu’un particulier seul face à un expert d’assurance aura bien des difficultés à obtenir une indemnisation et / ou obtenir une réparation pérenne. Il a surtout plus de risque d’essuyer un refus ou d’obtenir seulement une réparation à l’économie.

Vous avez le droit d’être assisté par votre propre expert, un expert d’assuré



Les sinistres de deuxième génération

La conséquence des sinistres mal étudiés, étudiés à l’économie et, par conséquent, mal réparés ou réparés à l’économie ; est la réapparition des fissures, le retour des désordres.
Dans ces cas-là (de plus en plus nombreux) les recours ne concernent plus uniquement l’assureur mais aussi les intervenants en conception ( dont les experts d’assurance) et en réalisation des réparations.
Vu la complexité du dossier, un particulier ne peut pas gérer seul.

Stéphane EVERLÉ – 04 73 77 88 58 / 06 60 50 84 00 / expert@aexpertbat.fr

Malfaçons, Non-Conformités : comment les démontrer et obtenir réparation

Vous avez fait construire ou réaliser des travaux. Le résultat ne correspond pas à ce qui était prévu, ou des désordres apparaissent dans les semaines ou les mois qui suivent. Vous suspectez une malfaçon ou une non-conformité. Les intervenants vous expliquent que vous n’y connaissez rien, que  » leur travail est parfait dans le meilleur des mondes  » et ils ne comprennent pas de quoi vous vous plaignez… Un classique du genre !

Les 3 étapes pour prouver une malfaçon ou une non-conformité

Étape 1 : ne rien modifier avant l’expertise

C’est la règle absolue. Ne faites aucun travaux de reprise avant qu’un expert ait constaté la malfaçon. Toute modification efface les preuves et peut être interprétée comme une reconnaissance que vous acceptez l’état existant. Documentez tout en l’état.

Étape 2 : réunir les documents contractuels

Rassemblez : les devis signés ou la notice descriptive du CCMI, les plans, les bons de commande, les échanges email avec le constructeur, les entreprises, les factures et les procès verbaux de réception.

Étape 3 : faire appel à un expert en bâtiment indépendant

Il identifie précisément les malfaçons en références aux règles techniques applicables, et qualifie leur gravité au regard des garanties légales. C’est la base de tout recours amiable ou judiciaire.

Lors de ma visite sur site et échange avec vous, je vous expliquerez quelle démarche / quelle stratégie il faut adopter :

– Recours amiable ( de gré à gré )
– Recours à la garantie de parfait achèvement et biennale
– Recours à l’assurance décennale
– Recours à l’assurance dommage-ouvrage
– Recours au Garant
– Recours judiciare

Agissez vite : les délais de prescription sont courts. La garantie de parfait achèvement expire 1 an après la réception. La biennale, 2 ans. La décennale, 10 ans.

Malfaçons constatées sur vos travaux ? Appelez-moi avant d’agir.


Stéphane EVERLÉ – 04 73 77 88 58 / 06 60 50 84 00 / expert@aexpertbat.fr

Questions fréquentes

L’entreprise dit que les désordres ne sont pas des malfaçons mais une « tolérance dimensionnelle ». Est-ce vrai ?

Peut-être, mais les tolérances dimensionnelles sont normées et définies dans la littérature technique. Elles ne sont pas à la libre interprétation des entreprises. Un expert technique peut vérifier si les tolérances invoquées sont celles réellement admises.

Comment choisir un bon expert en bâtiment dans le Puy-de-Dôme ?

Vous avez un sinistre, des malfaçons ou une expertise d’assurance prévue. Vous cherchez un expert en bâtiment. Mais entre les cabinets généralistes, les « indépendants » qui travaillent aussi pour les assureurs, et les vrais professionnels certifiés, comment s’y retrouver dans le Puy-de-Dôme ?

Les 5 critères pour choisir le bon expert

Critère 1 : l’expérience terrain dans la construction

Le mot expert vient du mot expérience. Donc, un bon expert en bâtiment n’est pas seulement quelqu’un qui a suivi une formation en expertise, il doit avoir aussi et surtout une expérience réelle et significative dans la construction. Cette expérience terrain lui permet de comprendre comment les désordres ont pu se produire et quelles normes s’appliquent. Il saura contredire et argumenter face aux professionnels et aux experts de la partie adverse.

Critère 2 : la certification

Un expert en bâtiment certifié est une garantie supplémentaire. En France, une des certifications de référence est l’Attestation de Compétences Expert Bâtiment délivrée par l’OFIB (Office Français des Ingénieurs et des Experts du Bâtiment), obtenue après formation et examen. Cette certification atteste de compétences techniques, assurantielles et juridiques : les trois dimensions d’un litige bâtiment.

Critère 3 : l’indépendance totale

C’est le critère le plus important, et le plus difficile à vérifier. Beaucoup d’experts se disent « indépendants » tout en réalisant des missions pour des assureurs ou des entreprises. Cette double activité crée un conflit d’intérêts.

Posez la question directement : « Travaillez-vous pour des compagnies d’assurance ou des entreprises de construction ? » La réponse doit être non, sans ambiguïté. S’il à un site internet les choses doivent être très explicites… comme sur ce site !

Critère 4 : la connaissance des spécificités locales

Dans le Puy-de-Dôme, deux spécificités sont déterminantes : les sols argileux de la Limagne et la réglementation parasismique applicable. Un expert qui ne maîtrise pas ces deux dimensions ne peut pas défendre efficacement un dossier dans le 63.

Critère 5 : son écoute, sa disponibilité et sa réactivité.

Son écoute : il est primordial d’écouter. Ce qui paraît simple et évident mais qui est trop souvent oublié par nombre d’expert. Je prends toujours le temps de vous écouter.

Sa localité : il est évident qu’un expert local est toujours plus disponible qu’un expert à 500km.
De surcroît, il maitrisera les modes constructifs locaux depuis des décennies.

La disponibilité et la réactivité : les deux vont de paire. Un expert qui prendrait nombres de dossiers sur un secteur trop grand ne saurait pas répondre à ces critères.

La checklist des 5 questions à poser avant de mandater un expert :

  1. Quelle est votre expérience ?
  2. Quelle certification avez-vous ?
  3. Travaillez-vous pour des assureurs ou des entreprises de construction ?
  4. Connaissez-vous les sols argileux de la Limagne et la réglementation parasismique du 63 ?
  5. Sur quelle secteur intervenez-vous ?

Vous cherchez un expert en bâtiment indépendant et certifié dans le 63 ? Appelez-moi.

Stéphane EVERLÉ – 04 73 77 88 58 / 06 60 50 84 00 / expert@aexpertbat.fr

Questions fréquentes

Peut-on trouver un expert en bâtiment via son assurance protection juridique ?

Oui, mais vous faites entrer le loup dans la bergerie. En effet la compagnie d’assurance va vous envoyer / recommander un expert… d’assurance !
Mais vous n’êtes pas obligé de le prendre. L’article L 127-3 du Code des Assurances vous garantit le libre choix de votre expert.

Sinistre sécheresse : Déclaration et première réunion d’expertise

Un arrêté de catastrophe naturelle sécheresse vient d’être publié au Journal Officiel pour votre commune. Vous avez 30 jours pour déclarer votre sinistre. Mais comment faire ? Quoi écrire ? Et comment éviter les erreurs qui pourraient compromettre toute la suite de votre dossier ?

Étape 1 : vérifier que votre commune est concernée

L’arrêté de catastrophe naturelle sécheresse liste précisément les communes reconnues et les périodes couvertes. Consultez le Journal Officiel (journal-officiel.gouv.fr) ou le site de la préfecture du Puy-de-Dôme. Vérifiez que votre commune figure dans la liste ET que la période de sécheresse correspond bien à la période pendant laquelle vos fissures sont apparues ou se sont aggravées.

Étape 2 : préparer votre déclaration

Ce que doit contenir la déclaration

La déclaration de sinistre est un document juridique qui engage la suite de votre dossier. Elle doit être concise (5 à 10 lignes) mais précise. Une déclaration trop vague ou qui omet certains désordres peut restreindre la couverture que vous auriez dû obtenir.

  • Le numéro et la date de l’arrêté CAT NAT applicable à votre commune
  • La période de sécheresse couverte par l’arrêté
  • La liste précise et exhaustive de tous les désordres constatés : fissures intérieures ET extérieures, désordres de carrelage, déformations de menuiseries, fissurations de dalle
  • La date approchée d’apparition ou d’aggravation des désordres
  • Votre demande à bénéficier de la garantie du contrat
  • Une demande d’expertise sur site

Comment l’envoyer ?

Envoyez votre déclaration par deux canaux simultanément : email avec accusé de réception à votre assureur ET lettre recommandée avec accusé de réception. Conservez les preuves d’envoi. Si votre déclaration est faite verbalement par téléphone, confirmez-la immédiatement par écrit.

La fiche de renseignements à compléter à la demande de l’assureur

ATTENTION À CE QUE VOUS ECRIVEZ.
Il ne faut rien oublier et ne pas vous tromper sur les dates. Il faut en garder une copie.

La visio expertise

N’ACCEPTEZ JAMAIS DE RÉALISER UNE VISIO EXPERTISE.
Une visio expertise c’est quoi ? C’est un non-sens ! En effet l’assureur peut vous demander de télécharger une application puis de réaliser une vidéo des désordres. Or vous n’êtes pas expert ni cinéaste. Vous risquez de ne pas montrer ce qu’il faut, faute de compétence, d’éclairage, etc..
Qui vous garanti que la vidéo sera visionnée par un expert ?
Nombre d’entre-vous on essuyé des refus suite à visio expertise.

Comment la refuser ?
En expliquant que vous n’êtes pas expert ni cinéaste et que vous avez un smartphone recyclé qui ne fait pas de vidéo. En expliquant que vous EXIGEZ la visite sur site d’un expert, tel que prévu au contrat.

Étape 3 : la réunion d’expertise

Votre assureur va missionner un expert. Cette réunion est le moment clé de toute la procédure. L’expert d’assurance va constater les désordres, chercher à établir leur cause et décider si la garantie CAT NAT s’applique.

Vous avez le droit d’être assisté par votre propre expert d’assuré.
L’expert d’assurance est rémunéré par la compagnie d’assurance qui est une société a but lucratif. Vous êtes donc en droit de vous interroger sur l’impartialité de l’expert… qui sera surtout là pour défendre les intérêts de la compagnie qui le rémunère.
Vous avez le droit d’être assisté par votre propre expert qui sera là pour défendre VOS intérêts.

Vous venez de recevoir un arrêté CAT NAT pour votre commune ? Agissons ensemble maintenant.

Stéphane EVERLÉ – 04 73 77 88 58 / 06 60 50 84 00 / expert@aexpertbat.fr

Questions fréquentes

Que faire si j’ai raté le délai de 30 jours pour déclarer ?

Des exceptions existent selon les circonstances (impossibilité physique, absence, découverte tardive des désordres). Vérifiez les conditions générales de votre contrat et appelez-moi rapidement.

Étude de sol : à quoi ça sert, quand la faire, et pourquoi c’est crucial dans le 63

On parle beaucoup d’étude de sol, mais peu de propriétaires savent réellement ce que c’est, pourquoi elle est indispensable dans le Puy-de-Dôme, et surtout qui doit la payer. Voici les réponses claires à ces questions.

L’étude G2 : pour construire en toute sérénité

Avant de poser la première pierre d’une maison, il est nécessaire de réaliser une étude géotechnique de conception G2 qui analyse la nature du sol, sa portance, ses risques (argile, eau, instabilité) et définit les fondations adaptées. Dans la Limagne, avec ses sols argileux réactifs, cette étude est indispensable, même si elle n’est pas toujours légalement obligatoire pour tous les projets.

Depuis la loi ELAN (2018), les zones d’aléa RGA ( Retrait Gonflement Argileux ) FORT et MOYEN sont soumises à certaines obligations géotechniques préalables pour les constructions neuves et les extensions. Vérifiez le classement de votre terrain sur le site Géorisques avant tout projet de construction dans le 63.

L’étude G5 : pour comprendre et réparer après sinistre

Dans le cadre d’un sinistre (fissures, mouvement de sol, déformation structurelle), l’étude G5 est l’investigation clef. Elle analyse le sol, vérifie si les fondations sont adaptées. Elle indiquera la cause des désordres : sécheresse, défaut de portance, mauvaises conditions de réalisations, etc.. Elle préconisera les solutions réparatoires adaptées.

Une étude de sol doit contenir certaines prestations pour être PERTINENTE. Donc méfiez-vous des études de sol réalisées à l’économie, à la demande des compagnies d’assurance.

Vous avez des questions sur l’étude de sol dans votre dossier ? Je vous aide à l’analyser.

Stéphane EVERLÉ – 04 73 77 88 58 / 06 60 50 84 00 / expert@aexpertbat.fr

Questions fréquentes

Mon assureur refuse de mandater une étude de sol. Que faire ?

Le refus de mandater une étude G5 est contestable. Avec l’appui d’un expert d’assuré, ce refus peut être levé dans la majorité des cas.

Puis-je choisir moi-même le géotechnicien pour l’étude G5 ?

Oui. Vous avez votre mot à dire sur le choix du BET géotechnique. Un géotechnicien partenaire de l’assurance peut rendre des conclusions orientées. Demandez un géotechnicien indépendant de tout partenariat avec votre assureur.

Les 7 garanties construction que tout propriétaire doit connaître avant d’avoir un problème

Votre maison a été construite ou rénovée. Des désordres apparaissent. Mais quelle garantie construction actionner ? Qui contacter ? Dans quel délai ? La plupart des propriétaires ignorent l’existence de ces protections légales ou les confondent entre elles. Résultat : des droits prescrits, des recours manqués, des dépenses injustifiées.

Les 7 garanties de construction en détail

1. La garantie de parfait achèvement (1 an)

Elle oblige le constructeur à réparer tous les désordres signalés lors de la réception des travaux ou dans l’année suivante, qu’ils aient été notés dans le procès-verbal de réception ou signalés par courrier pendant l’année. Elle couvre tous les types de défauts sans distinction de gravité. L’entreprise est tenue d’intervenir dans un délai raisonnable.

2. La garantie biennale ou de bon fonctionnement (2 ans)

Elle couvre les équipements dissociables de la construction : robinetterie, volets, portes intérieures, radiateurs, chauffe-eau, etc. Un équipement est dissociable si on peut l’enlever sans dégrader le gros oeuvre. Elle court pendant 2 ans à compter de la réception.

3. La garantie décennale (10 ans)

C’est la garantie la plus importante. Elle couvre pendant 10 ans à compter de la réception les désordres qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui le rendent impropre à son usage. Fissures structurelles, problèmes de fondations, défauts d’étanchéité, effondrements partiels : c’est le domaine de la décennale.

4. L’assurance Dommage-Ouvrage (DO)

Elle est souscrite par le maître d’ouvrage (vous) avant le début du chantier. Elle permet d’être indemnisé rapidement (dans les 90 à 225 jours) sans recherche préalable de responsabilité, puis se retourne contre les assureurs décennaux des entreprises. Avantage majeur : elle évite les longues procédures. Si vous ne l’avez pas souscrite, vous devez actionner directement les garanties décennales.

5. La garantie de livraison à prix et délai convenus (CCMI)

Spécifique aux contrats de construction de maison individuelle (CCMI), elle garantit que le constructeur livrera votre maison au prix et dans le délai contractuels. En cas de défaillance, le garant prend le relais.

6. La responsabilité civile décennale de l’architecte et du maître d’oeuvre

L’architecte, le maître d’oeuvre et les bureaux d’études engagent leur responsabilité pendant 10 ans pour les désordres liés à une erreur de conception, de dimensionnement ou de surveillance du chantier.

7. La garantie CAT NAT (catastrophes naturelles)

Intégrée dans tous les contrats MRH, elle couvre les dommages causés par des événements naturels reconnus comme catastrophes naturelles, dont la sécheresse. Elle ne se déclenche qu’après publication d’un arrêté interministériel au Journal Officiel.

Vous ne savez pas quelle garantie actionner pour votre situation ? Appelez-moi.

Stéphane EVERLÉ – 04 73 77 88 58 / 06 60 50 84 00 / expert@aexpertbat.fr

Questions fréquentes

Puis-je cumuler plusieurs garanties pour un même sinistre ?

En principe les garanties sont successives / chronologiques. Mais certains désordres peuvent relever de plusieurs garanties selon leur nature et leur délai d’apparition. Un expert technique peut vous aider à identifier la garantie la plus adaptée et la plus efficace pour votre situation.

Que faire si l’entreprise a fait faillite ?

Contacter directement l’assurance décennale. En effet, la garantie décennale est lié au chantier (à condition que l’entreprise était assurée à la date d’ouverture du chantier). Que l’entreprise existe encore ou pas, la garantie s’appliquera.

Que faire si vous ne connaissez pas le nom de l’assureur décennal ?

2 solutions :

  • Vous pouvez réclamer l’attestation d’assurance auprès de l’entreprise (au pire lui demander le nom de l’assureur). Notez que l’entreprise aurait du vous communiquer son attestation d’assurance dès le devis car c’est la loi.
  • Si vous ne trouvez pas l’entrepreneur (en cas de faillite) pour avoir ces informations, vous pouvez vous adresser au liquidateur judiciaire. Dans certains cas plus complexe il vous faudra me contacter et/ou avoir recours au service d’un avocat.

Retrait-gonflement des argiles : guide complet pour propriétaires

Votre maison se fissure après un été sec. Vos portes et fenêtres montrent des dysfonctionnements saisonniers. Ces phénomènes cycliques ont un nom : le retrait-gonflement des argiles. Dans le Puy-de-Dôme, où les sols argileux de la Limagne couvrent une grande partie du territoire, ce phénomène est responsable de la majorité des sinistres sécheresse que je traite chaque année.

Qu’est-ce que le retrait-gonflement argileux exactement ?

Le mécanisme en détail

Les argiles sont des composés de feuillets argileux qui absorbent ou libèrent de l’eau selon les périodes. Un sol argileux en période de sécheresse se rétracte, parfois de plusieurs centimètres en surface. Un sol argileux en période humide gonfle et reprend du volume. Ce cycle incessant crée des mouvements différentiels : certaines zones sous les fondations bougent plus que d’autres, provoquant des déformations inégales qui fissurent les structures.

Dans le Puy-de-Dôme, les argiles de la plaine de la Limagne figurent parmi les plus réactives de France. Leur indice de plasticité élevé signifie qu’elles subissent des variations de volume particulièrement importantes lors des alternances sécheresse et réhydratation.

Pourquoi les sécheresses récentes ont-elles aggravé le phénomène ?

Le réchauffement climatique amplifie le phénomène de RGA : les épisodes de sécheresse sont plus longs, plus chauds et plus fréquents. La Caisse Centrale de Réassurance (CCR) estime une augmentation de 44 % à 162 % de la sinistralité liée au RGA d’ici 2050. Dans le Puy-de-Dôme, les étés 2018, 2019, 2020 et 2022 ont généré des centaines de nouveaux sinistres. Quid du mois de juin 2026 ou nous avons connu 40 degrés C°

Comment reconnaître un dommage lié au RGA sur votre maison ?

Les symptômes caractéristiques

  • Fissures en escalier dans la maçonnerie, suivant les joints de mortier
  • Fissures diagonales aux angles des baies (fenêtres, portes)
  • Portes et fenêtres qui grippent en été et fonctionnent mieux en hiver
  • Fissures qui évoluent de façon saisonnière : plus ouvertes en été, plus fermées en hiver
  • Désaffleurement : décalage visible de part et d’autre d’une fissure
  • Décollement entre la dalle et les murs, ou entre des cloisons et le plafond

Les zones les plus exposées dans le Puy-de-Dôme

La carte de l’aléa RGA publiée par le BRGM classe la grande majorité de la plaine de la Limagne en zone d’aléa moyen à fort. Cela concerne Clermont-Ferrand et toute sa périphérie, Riom, Cournon-d’Auvergne, Pont-du-Château, Issoire et leurs communes voisines. Les secteurs de Thiers et d’Ambert, situés sur des socle non-argileux du Livradois, sont moins exposés, mais pas épargnés. Il en va de même pour l’Ouest du département en zone montagneuse.

RGA et assurance : comment fonctionne l’indemnisation ?

La couverture des dommages causés par le RGA passe par le régime des catastrophes naturelles, prévu dans votre contrat d’assurance multirisque habitation (MRH). Pour en bénéficier, votre commune doit avoir fait l’objet d’un arrêté de catastrophe naturelle sécheresse publié au Journal Officiel. Vous disposez alors de 30 jours pour déclarer votre sinistre.

Point critique. L’indemnisation CAT NAT ne s’obtient pas facilement. L’assureur mandate son propre expert, qui peut minimiser l’impact du RGA ou invoquer d’autres causes pour limiter la prise en charge. Être assisté par un expert d’assuré dès la première expertise change radicalement les résultats.

Votre maison est sur un sol argileux dans le 63 ? Parlons de votre situation.

Stéphane EVERLÉ – 04 73 77 88 58 / 06 60 50 84 00 / expert@aexpertbat.fr

Questions fréquentes

Le RGA et réglementation applicable à partir de 2020

La loi ELAN (2018) impose une étude de sol G1 pour les terrains en vente. Ce n’est pas une étude spécifique propre à la construction. La loi ELAN (2020) propose de réaliser une étude G2 pour les constructions neuves en zone argileuse OU en zone d’aléa moyen des fondations à 80cm de profondeur et en zone d’aléa fort des fondations à 120cm de profondeur. Ces préconisations sont assortis de mesure complémentaires. Helas, ces profondeurs sont insuffisantes en Limagne. Il est donc préférable de faire réaliser une vrai étude G2 AVP/PRO.

Mon voisin a été indemnisé mais pas moi pour la même sécheresse. Comment est-ce possible ?

Il a été indemnisé comment ? Quelles réparations ? Méfiez-vous des réparations à l’économie.

Votre voisin était peut-être assisté par un expert d’assuré ?

Les conditions de chaque dossier sont évaluées individuellement. Son dossier était peut-être plus simple, l’expert d’assurance était peut-être plus conciliant, la compagnie plus flexible, etc..
Un refus n’est pas définitif : une contre-expertise bien préparée peut changer le résultat.

Peut-on prévenir les dommages RGA avant qu’ils n’apparaissent ?

Partiellement. Ne pas planter de grands arbres à moins d’une fois et demie la hauteur de l’arbre adulte. Exemple : pour un arbre adulte de 10 mètres, vous devez le planter à 15 mètres. Avoir des fondations adaptée, proteger correctement les abords de la maison (géomembrane). Vérifier régulièrement l’étanchéité de vos réseaux. Mais face à une sécheresse intense sur des fondations superficielles en terrain argileux, ces mesures restent insuffisantes.


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